Sélection de la langue

Français

Flux sur le design

Articles relatifs

Home > Méthodologie > Processus général > L'évolution du graphisme web
L'évolution du graphisme web
Méthodologie - Processus général
Écrit par K.L.   

Introduction : Rappel du contexte dans lequel nous écrivons

Nous abordons ici une partie volontairement restreinte du site Internet. Nous traitons spécifiquement de l'habillage graphique du site Internet, partie visible et accessible à tous les internautes. D'autre part même si l'ergonomie d'un site Internet peut influer sur son apparence et son "habillage", nous traiterons de ce dernier comme s'il était totalement indépendant par souci de simplicité de discours et de pertinence.

internetActuellement le "Web 2.0" est le modèle dominant du web. Il se caractérise par des contenus riches et variés dont l'écriture ou la conception est essentiellement réalisée par les internautes eux-même. Les acteurs majeurs du web ne sont plus les grandes sociétés qui ajoutent le canal informatique Internet à leur moyens de communication, mais bien les éditeurs de solutions clef en main "natives web", parfois issus de l'industrie informatique ou même issus d'autres secteurs (Google, Yahoo, Microsoft, Skyrock...). L'utilisateur dispose d'un large panel de services Internet, gratuits comme payants, pour diffuser ses idées, réagir à l'actualité ou informer sur ses passions et centres d'intérêts. Pour atteindre cette utilisation de masse, la gestion de ce mode de communication s'est drastiquement simplifiée au cours de ces 15 dernières années. Il n'est en effet plus nécessaire de maîtriser l'informatique pour pourvoir diffuser sur Internet.

  • 1 - Le webdesign n'a pas bénéficié de l'évolution rapide des techniques Internet

layout - contentRappelons brièvement que le site Internet se divise en deux parties distinct ; le contenant (style, charte graphique, layout ) et le contenu qui peut-être du texte, des images, des vidéos, de la musique, etc. Le Web dit "2.0" a vu l'émergence et le développement rapide de technologies C.M.S . (Content Management Systems), simplifiant l'édition et les mises à jour sur le contenu, et leur partage directement par les internautes eux-même (Wikipedia en est le parfait exemple). Les plate-formes de blog et micro blog (Blogger, Skyblog, Twitter...) ont complètement dématérialisé l'accès à ces services, qui sont désormais accessibles de n'importe où une connexion Internet ou une couverture en téléphonie mobile sont disponibles. Or, pendant ce passage rapide à une édition de contenu par les entreprises à une édition principalement assurée par les utilisateurs, le contenant, lui, a très peu évolué dans sa conception et son fonctionnement.

La gestion des templates a évolué et s'est simplifiée mais nous sommes encore loin des agréments d'utilisation que l'on a avec le contenu. Le design sur mesure tel qu'il est proposé par les prestataires web est encore basé sur les canons du graphisme d'avant l'informatique : création de charte graphique, cahier des charges des fonctionnalités, réalisation de la maquette, corrections, intégration du design au site etc. Si ces fonctionnements trouvent encore écho auprès des grands groupes, au processus décisionnel lent, celui-ci est en décalage total avec la très très grande majorité des "internautes 2.0" qui ont pris l'habitude d'une édition rapide, simple et d'un coût très modéré. La différentiation entre le contenu et le contenant est très importante, car dans la réalité des faits le terme de 2.0 s'applique au contenu mais pas encore au contenant.

Cette différence de progression technologique est paradoxale étant donné que le design du site concourt directement à son attirance et que les sites bien présentés ont une meilleure visibilité sur lnternet. Il est d'autant plus important de se distinguer de la masse lorsque celle-ci grossit fortement et rapidement.

  • 2 - Les deux principales méthodes d' "habillage" d'un site Internet : les modèles (templates) ou le sur mesure (custom)

templateLe template : c'est actuellement la forme de design qui est la plus utilisée, elle présente l'énorme avantage d'être directement utilisable par l'utilisateur, qui le choisit parmi une liste qui lui est proposée. L'inconvénient majeur de cette méthode est de rarement trouver ce qui nous convient à moins de disposer d'une quantité très importante de choix (ce qui allonge considérablement le temps de recherche), de ne pas être évolutive, d'être utilisable uniquement sur un seul type de plate-forme. D'autre part, choisir son template est en réalité prendre le même que son voisin puisque celui-ci a aussi accès à la même bibliothèque de modèles. Un internaute qui dispose à la fois d'un site Internet traditionnel, d'un blog, d'un forum et d'une e-boutique aura à chaque fois le problème du design avec dans la grande majorité des cas, l'impossibilité de faire concorder les chartes graphiques.

Le sur-mesure : c'est la solution phare des grands groupes qui cherche à garantir leur image de marque. Par ce biais le client est sûr d'obtenir l'habillage qui lui convient. Malheureusement cette solution technique est beaucoup trop chère pour la très grande majorité des internautes. Et totalement inapplicable à grande échelle. Comment habiller sur mesure tous les sites Internet d'une plate-forme si celle-ci compte des centaines de milliers, des millions de blogs, site, e-boutiques ? D'autre part la méthodologie prônée par les prestataires de cette solution date d'avant Internet, d'avant l'informatique même. Basée sur les canons du graphisme papier, beaucoup de prestataires prônent un processus en différentes étapes : choix de la charte graphique, définition des fonctionnalités ou informations et leur organisation, rédaction des contenus, mise en page. À cela s'ajoute la maintenance et les mises à jour. À chaque étape la validation du client est nécessaire. C'est un processus long et donc coûteux.

Le compromis : Souvent il faut se contenter d'une solution intermédiaire qui consiste à modifier un template déjà existant pour "l'adapter" à ses propres souhaits. Les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes mais on comprime les coûts en réutilisant des éléments déjà existants. Les prestataires web gagnent beaucoup en temps à ne pas recréer un nouveau design depuis le début.

  • 3 - De nouvelles méthodes en émergence : la réponse à des besoins encore insatisfaits

En marge de ces processus traditionnels se sont développées de nouvelles méthodes d'habillage pour les sites Internet. S'inspirant plus ou moins des CMS, ces technologies nouvelles tentent de simplifier la personnalisation de la page Web. Citons par exemple Artisteer, Wix ou encore Kameleoon. Il est intéressant de constater que les approches sont totalement différentes les unes des autres: offline pour la première, Flash pour la seconde ou encore online et générique pour la dernière. C'est bien là la preuve que cet aspect du webdesign n'a pas encore été bien exploré et que finalement peu de monde ne s'intéresse à cet élément pourtant crucial de l'agrément d'utilisation d'un CMS. Visiblement les DMS (Design Management Systems) n'est pas encore véritablement entré dans les moeurs 2.0.

Conclusion : Pour prétendre au 2.0, le contenant va devoir progresser en agrément d'utilisation

Le graphisme est indispensable à la présentation de tout contenu, en particulier sur Internet où il revêt une importance capitale pour se distinguer dans l'abondance pléthorique d'informations. Contrairement aux avancées significatives qu'a connu la gestion et le partage du contenu ces dernières années, le contenant ou webdesign n'a pas encore évolué en 2.0. Les canons méthodologiques d'avant l'existence de l'informatique y prévalent encore et il n'y a pas encore eu d'approche innovante en la matière. Afin de se hisser au même niveau d'agrément pour la gestion du contenant, il est donc nécessaire de repenser la chaîne du design en y intégrant davantage le client ou l'utilisateur final. Cette révolution a été amorcée par quelques nouveaux acteurs du web mais ceux-ci manquent de visibilité. Dans un contexte de forte pression, il sera indispensable pour les majeurs actuels du web, ainsi que pour les nouveaux entrants, de repérer les réelles innovations dans ce domaine et de les intégrer à leur solutions phares pour conserver leur attractivité.